Juste Un Résumé

Je vous livre un résumé,

La traversé de tout un tas d’états…

Start.

Je marche vite. Décidée, cadencée,

Sans plan, téméraire, et sans trop m’retourner.

Si j’suis souple, c’est que j’fais des grands écarts partout,

Naïve et sans ramparts.

J’suis éparpillée. Loin du centre d’un cercle

Aux contours tranchants et accidentés.

Possible que c’était toujours là.

Là.

***

La violence impulsive qui fait couler l’magma,

Le feu qui reste éteint malgré l’ami pas loin.

Si j’croyais en moi,

C’est parce qu’on m’avait dit de croître,

Mais jamais donné l’damné mode d’emploi.

Si les autres tombaient, c’est juste que même habillée, moi,

Je vivais dénudée.

***

Puis la machine s’enraie, s’agite et puis s’emballe,

S’enraie, s’agite, s’agite et puis s’emballe.

***

J’laisse tout le monde estomaqué,

Je maquille mes folies,

J’abuse de masques de pacotille en faisant des pas de côté.

Je navigue dans une réalité non partagée,

Pourtant j’suis toujours là à babiller,

Machine de guerre pas si blindée.

Et tout à coup c’est là.

C’est là.

***

C’est dix fois plus élevé que

La compile de tes rêves éveillés.

Y’a plus de limites plus rien n’m’inhibe,

J’suis plus illuminée que

Le ciel du 14 juillet.

***

Ce qui se dit, qui se trame,

Dire, Sentir et entendre,

Comme amplifié et décuplé.

Tout est magique, la douleur et la joie,

L’amour là-haut, irradié et entier.

***

J’avoue, une part de moi reste ancrée dans c’t’état.

***

Mais, la réalité, l’autre me rattrape.

Celle de la troupe, d’la famille et des potes

Flippés de moi comme ça.

Ils ont donné, veillé tard, se sont mouillés,

Mais moi j’dors toujours pas, j’dors toujours pas.

***

Le clown se casse la gueule,

Et deviens Quasimodo.

***

Je m’élance sur la piste mais quand j’arrive c’est l’cirque,

J’suis une éponge,

Notre mal-être est trop vif.

Arrive le moment où ça finit à 8 contre 1,

Des coups sensés

Te ramener dans le droit chemin.

***

Alors j’me réveille le matin sans pieds sans mains,

Docile piqué chien enragé qu’on a pas détaché.

Je connais la douleur,

Celle du cerveau broyé.

***

Là j’apprends à compter mes pas,

Par paquets de mille,

Recette pratique,

Pour éloigner l’effroi.

***

Je sais méditer des heures

Et des jours d’affilés,

Je défais petit à petit le château de cartes,

Le monde que j’ai créé.

Tout ce qu’ils piétinent, tout ce qu’il veulent raser.

***

L’alunissage est dur

Nouvelles règles et nouvelles clôtures.

J’apprends les codes, négocie, prends note,

J’suis aux aguets.

Et si on m’dresse,

C’est qu’j’apprends tout juste à jouer.

Et qu’en face, c’est médocs, langue de bois et coups fourrés.

***

J’étais tellement haut que j’me laisse enterrer vivante,

Je troque colère et haine

Pour inertie et peine,

Je vois bien dans leurs regards,

J’suis partie pour en chier. Misérable

Je connais la douleur,

Celle du cerveau noyé.

***

1, 2, 3, fois j’ai pas vu le jour avant des mois,

Décrocher l’téléphone ça m’a sauvé la vie deux fois.

Numéro 4, 5, mieux absorbé l’impact, et si

J’suis pas sprinter j’suis mon psychiatre autodidacte.

***

Doc j’fais pas l’tri,

j’peux pas m’couper un bras,

Et si c’est pas pour eux,

Dis moi pourquoi j’suis là.

Y’a qu’la smala qui brille quand

Tout à perdu son éclat.

***

La seule camisole que j’garderai toute ma vie,

C’est celle que j’me construit et

Que j’veux bien porter.

Toujours un peu de chimie

Et d’énergie gâchée. Juste

Pas m’brûler, quand j’veux un peux glisser.

***

J’ai cru qu’il fallait l’égo à l’égoût et

Du dégoût normé,

Mais mieux j’vais mieux j’vois

Qu’il faut vous secouer.

Oublie pas qu’on est fou seulement

Sur une échelle d’intensité.

***

Ce texte a été rédigé début 2016. Je me suis un peu retrouvée, pas tout à fait la même, pas tout à fait complète, pas toujours très en forme, mais combative et décidée à continuer (en douceur) l’ascension. Ma vie est de nouveau fertile. J’ai la rage, de ce qu’on m’a volé, de ce qu’on a violé. « Juste un résumé » retrace le parcours, un match dont je suis déjà gagnante, dont je sortirai forcément blessée.

Ce texte est un rap, et j’ai eu la chance de pouvoir le mettre en musique avec mon amie, rapeuse de métier, Lalà Zayin. Je ne me sens pas le courage de poster la mouture en même temps que le texte, mais si l’un ou l’une avait envie de l’écouter et de me proposer une prod originale, n’hésitez pas à me contacter… La bouteille est à la mer !

Pour écouter le travail engagé, enragé et lumineux de ma sista Lalà, voilà le lien vers sa chaîne Youtube:

https://www.youtube.com/channel/UC93870QuXsvCopWZFVBeFiQ

En ce moment, ma préférée, c’est…

À la folie !

Sarah

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